SERENO PEGORARO
"ART-TRISTE" PEINTRE
Ecrits
Chats dans le colimateur
- ISBN:978-2-38580-324-7
- Jets d'Encre
- Un commentaire
1er extrait
…il est aussi noir que le chat noir dont il n’oubliera jamais l’effrayante expression. Il lui semble que celui-là le fixe d’un regard sombre,
malveillant, comme s’il avait eu écho de la mort d’un de ses congénères. Pauvre Coco ! cette folle idée lui est spontanément venue à l’esprit… Il maintient le regard de l’animal, s’en approche précautionneusement, toujours en le fixant des yeux, comme pour le défier… en éprouvant au fil de son approche un sentiment grandissant de crainte, de culpabilité… et de
respect. « Mais à quoi est-ce que je joue ! » se dit-il intérieurement. À peine a-t-il tendu au chat une main promise à la caresse qu’il se retrouve tout bête, seul avec lui-même, à se demander s’il n’est pas en train de
déraisonner…
2ème extrait
… Ses pensées se sont à tel point fondues dans cette agitation de volatiles qu’elles sont parvenues à le plonger dans un univers enivrant où lui-même est devenu une de ces petites choses ailées libres de toute entrave… Comme subitement doté d’un don de clairvoyance ou étourdi par de folles considérations, il a l’impression que ces oiseaux lui sont reconnaissants d’il ne sait quoi, que leurs petits cris jetés à ses oreilles sont autant de « mercis », et que leurs incessants battements d’ailes lui renvoient des bouffées de bonheur. Une délicieuse sensation de bien-être l’emporte… Les yeux demi-clos, il voyage.
Tout à coup, une espèce de peluche jaunâtre aux formes incertaines, inerte, parmi les plants de tomates, lui fait l’effet d’un seau d’eau en pleine figure: il s’en rapproche instantanément, craignant déjà le pire, en faisant par la même occasion fuir les mésanges. Un « quelle horreur ! » sort spontanément de sa bouche, comme un cri de douleur: dans son jardin gît un chat mort.
Dans sa tête, c’est une sorte de séisme cérébral qui l’ébranle: sa gentille communion avec les oiseaux s’est brutalement muée en une tragique réalité. Un insupportable sentiment de culpabilité l’assaille aussitôt: « Qu’ai-je fait ? » se dit-il, le coeur battant la chamade…
3ème extrait
Tandis que Marco s’épanche sur son passé, Coco s’évertue à tenter de décourager les chats de venir se soulager dans son jardin, en recouvrant une plate-bande de morceaux de treillis dissuasifs, toutes pointes métalliques orientées vers le haut… s’étant certainement dit que « puisque les chats sont intelligents, ils ne seront pas assez stupides pour oser s’y aventurer ».
Sur ces entrefaites passe l’intello, la tête et la démarche du perdant… Coco le hèle subitement:
– Tu ne salues plus les copains ?
Cette voix familière coupe instantanément le fil qui le relie à sa soeur; il se rapproche alors du mur qui surplombe le jardin, et montre un tout autre visage: – Salut mon pote ! Excuse-moi, je rêvassais… à des riens !
Marco descend prestement les marches de l’escalier.
– Eh bien, mon vieux ! dit-il, un brin amusé, si avec ça ils ne vont pas faire leurs besoins ailleurs, à moi la peur… C’est fou, enchaîne-t-il sans transition, comme l’existence d’un chat peut varier d’un endroit à l’autre !
Coco saisit tout de suite l’allusion et, se gardant bien de s’étendre sur ses intentions, il n’hésite pas une seconde:
– Et ta soeur ? Elle remonte la pente ?
A PROPOS DE MOI
Parler de soi est souvent difficile, je le dois cependant, mon site oblige…
Depuis mon adolescence, en toute dilettante, ce besoin de me retrouver face à une feuille de papier, face à un cadre, par périodes., a débouché sur tant de moments pleins, si forts, qu’ils occupent désormais une grande partie de ma vie… en considérant le chemin parcouru
La retraite a sonné depuis deux ans, mes enfants sont adultes, mes parents sont décédés, mes amis me sourient et j’aime encore… Je peins toujours et je dessine parfois, moins en souffrance cependant.
L’essentiel de mes « oeuvres » sont inachevées. Je prévois de les présenter prochainement sur mon site, ainsi que plusieurs dessins de mon fils Mathieu.
Je remercie Jack : son soutien et son investissement me sont précieux.